["Murat dans la Tourmente"]

Les événements de Juin 1944 ont fait basculer la vie des Muratais. Si cette page de l’histoire est bien connue par la plupart d’entre nous, en revanche combien savent ce qu’il s’est réellement passé dans ces camps de concentration où ont été déportés 120 Muratais ?

Suite aux événements des 12 et 24 Juin 1944, les troupes allemandes reviennent en force à Murat et arrêtent, en représailles, tous les hommes se trouvant en ville : 119 hommes sont emmenés vers Clermont- Ferrand pour être déportés dans les camps de concentration (à Neuengamme). Arrivés à Clermont Ferrand dans la nuit du 24 au 25, les Muratais sont internés à la prison allemande située à la caserne du 92ème RI. Le 6 juillet 1944 ils sont envoyés vers Compiègne, au camp de Royallieu qui ne sera qu’une étape sur le chemin de l’Allemagne. Le 15 juillet, un train est formé à destination de l’Allemagne. Ils sont 60 par wagon à bestiaux ; Après trois jours de voyage , alors que les hommes souffrent d’une soif terrible, le train s’arrête. Brutalisés par les gardiens, les prisonniers descendent, et à vue de quelques bagnards en tenue rayée, ils découvrent leur destination : un bagne !


NEUENGAMME :
La création du camp de Neuengamme s’inscrit dans la volonté de Hitler de restructurer des grandes villes d’Allemagne dont Hambourg. C’est donc sur un terrain de cinquante hectares comportant une glaisière et une briqueterie que sera implanté le camp de concentration de Neuengamme à 25 km au sud-est de Hambourg, à la fin de 1938. Le camp de Neuengamme était un réservoir de main-d’oeuvre pour les usines et les chantiers de tout le nord de l’Allemagne, en particulier les régions de Hambourg, Brème, Hanovre...
Les déportés étaient alors envoyés dans ses annexes extérieures appelées «Kommandos». Parmis ces kommandos où travaillèrent des Muratais, on peut citer celui d’Hambourg, où l’on déterrait les bombes non explosées ; celui de la construction de la base sous-marine Hornisse, celui de l’usine de Blumenthal près de Brème et d’autres à Braunschweig, Salzgitter, Kaltenkirchen...

Le groupe le plus important de Muratais a travaillé à la construction de la base Bunker Valentin à Brème Farge. Cette base devait servir à la fabrication et au montage de sous-marins. La construction est gigantesque, grande comme 5 terrains de football, 40m de hauteur, une toiture épaisse de 8 mètres. Les conditions de travail sont épouvantables.
Le 1er août 1944 un convoi de 800 Français est dirigé vers Brème Farge, parmi eux plus de cinquante Muratais. Ils seront 33 à y trouver la mort.
A quelques kilomètres de là, dans un autre Kommando, les déportés construisent un autre abri en béton, le Bunker Hornisse destiné à la réparation de sous-marins. Le même jour, un groupe de 120 Français est dirigé vers le Bunker Hornisse dont plusieurs Muratais. 4 d’entre eux ne reviendront pas.

LES EVACUATIONS :
En avril 1945, devant la poussée des armées alliées, les allemands décident l’évacuation du camp et de tous les Kommandos. Ils tentent de faire disparaitre les déportés. A pieds ou dans des wagons-tombereaux, ils sont dirigés vers le camp de Bergen Belsen où la maladie et la surpopulation font des ravages. Les Anglais arrivés le 15 avril, vont trouver 10 000 cadavres. Il y en aura 9 000 de plus fin avril. On y dénombrera trois morts et deux rescapés parmi les Muratais. D’autres déportés se retrouvent dans un camp de prisonniers de guerre à Sand Bostel où ils connaîtront l’émeute, le cannibalisme, le mitraillage, puis le typhus. Il y aura 8 morts parmi les Muratais à Sandbostel et 12 rescapés. Un autre groupe rejoindra Lübeck pour être chargé sur des bateaux : le Cap Arcona, le Thilbeck et l’Athen. On dénombre un mort parmi les Muratais sur le Cap Arcona et six rescapés sur l’Athen.

Ce sont 100 600 personnes appartenant à plus de 28 nationalités qui seront déportées à Neuengamme ou dans ses annexes. Les plus nombreux furent les Soviétiques suivis des Polonais, puis les Français au nombre de 11 000. Les Français ont eu 7 500 morts, soit plus des deux tiers. En l’espace de onze mois, parmi les personnes arrêtées à Murat et envoyées en déportation on dénombre 75 morts dans le camp de Neuengamme et ses annexes et 34 rescapés.




NEUENGAMME : UN MEMORIAL EN HOMMAGE AUX DEPORTES MURATAIS

En juin 2012, soit 68 ans après cette rafle nazie sanglante, une délégation murataise a été invitée à Neuengamme afin d’inaugurer une stèle en hommage aux déportés muratais.

Cette stèle est un monument à hauteur d’homme, érigé au centre d’un pavage d’environ 3m² et constitué de 6 colonnes de basalte de différentes hauteurs qui enserrent une colonne centrale plus élevée.
(Orgues basaltiques provenant du Rocher de Bonnevie).
 
    mémorial
 stele < Ces colonnes de pierres dressées, cerclées par un fer à béton, symbole de la captivité et de l’oppression, évoquent des silhouettes humaines qui se blottissent les unes contre les autres dans un élan ambivalent d’effroi et de solidarité. Cette stèle a été dessinée par l’architecte muratais Christian Pichot-Duclos, petit-fils de déporté. 
mémorial Murat 

< A Murat, le monument départemental de la Déportation a été inauguré le 14 novembre1948.
A l’intérieur de l’enceinte, près du monument a été enfouie de la terre provenant de Neuengamme. 

 



L'Association des déportés internés et familles (ADIF) du Cantal Association Régionale de Neuengamme du Cantal a réalisé un important travail de mémoire et le met à votre disposition : "Arrêtés dans le département du Cantal en 1944, déportés à Neuengamme"

Cliquez ici pour voir les photos individuelles des déportés.

 

 

Affiche les hommes du feu
Samedi 1er Juillet

17h au cinéma
Avant-première 
"Les hommes du feu"
dès 15h
Parking du Cinéma
Présentation des camions
de pompiers


Contacts et accès

Mairie de Murat
Place de l'Hôtel de Ville - 15300 MURAT

Tél.: 04.71.20.03.80
Fax: 04.71.20.20.63

   

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