Lecture - 09 novembre 2012

Y’en a que ça emmerde qu’il y a des gens de Courbevoie… ?

Lecture de textes de Louis-Ferdinand Céline
Par Stanislas de La Tousche

Vendredi 09 novembre 2012 à 19h30
à l'Auberge d'un Instant

Réservations à la Librairie Des Belles Pages, 04.71.20.67.33

Le spectacle

« Mon Dieu, que ce serait agréable de garder tout ceci pour soi !… plus dire un mot, plus rien à écrire, qu’on vous foute extrêmement la paix… »

Un personnage…

Sur scène, la ressemblance du comédien Stanislas de la Tousche avec Louis Ferdinand Céline est frappante. Elle saisit, interroge. Elle trouble même. Elle ne signifie rien en soi. Et pourtant, elle éclaire cette écriture en miroir, au cœur de laquelle l’auteur se mesure à cet autre lui-même, ce « double » qu’il a créé et auquel il finit par ressembler trait pour trait.

Dans les entretiens qu’il accorde de 1957 à 1961, l’auteur brandit son personnage, il l’habite. Il prend sa voix, son visage. Il le fait  « parler comme il écrit ». C’est ce personnage né au fil des mots que nous cherchons à saisir. Un jeu de « cache-cache » où le mensonge et l’imaginaire en disent plus long sur un homme que sa vérité… le théâtre n’est pas loin.

L.F Céline… sur un plateau

En tissant ainsi ensemble des passages « écrits », empruntés aux derniers romans et des extraits « parlés » tirés des entretiens donnés à Meudon de 1957 à 1961, le comédien Stanislas de la Tousche et moi-même avons éprouvé de façon très concrète la question du statut de la parole célinienne et à travers elle, celle de l’adresse. Céline écrit-il comme il parle ou bien parle t-il comme il écrit ?

À y regarder de près, les relations entre langue écrite et langue parlée chez Céline sont complexes au point qu’il est parfois difficile de déterminer laquelle influence l’autre. Ainsi, dans  « Entretiens avec le Professeur Y » comme au début de son dernier roman « Rigodon », Céline se met en scène dans de fausses interviews qui  caricaturent à peine celles qu’il accorde à la télévision, aux radios et aux revues.

À l’inverse, on retrouve à la lecture ou à l’écoute de certains entretiens (Audinet, Zbinden, Hanrez) les thèmes et parfois les formulations qu’il développe dans les digressions « Meudonnaises » de sa trilogie allemande : la médecine, les malades, l’invasion chinoise, Gallimard, la vie moderne… Dans les deux cas, Céline se pose en véritable acteur, avançant masqué derrière un personnage qui le protège, pense t-il, de cette erreur première qui a consisté à devenir un homme public, à prendre la plume et la parole : « Mon Dieu, que ce serait agréable de garder tout ceci pour soi!… plus dire un mot, plus rien écrire, qu’on vous foute extrêmement la paix… » D’un château l’autre.

J’ai donc choisi une adresse non frontale, qui opère « par rebond » sur le fauteuil vide d’un interlocuteur suggéré, un interviewer par le biais duquel le public reçois cette parole. L’interlocuteur s’efface insensiblement lorsque l’acteur assume les textes de fiction, d’une nature plus littéraire, puis revient, convoqué par un regard, lorsque reprend ce colloque imaginaire dont nous demeurons les témoins discrets. Au travers de ce va-et-vient se dit la solitude d’un homme, tandis que se joue, transposée au théâtre, cette relation savoureuse et ambiguë que Céline entretient avec son lecteur, devenu pour une heure spectateur d’une parole incarnée.

Voir un extrait vidéo du spectcale ici.

affiche PO
Dimanche 24 juin
toute la journée
Journée Portes Ouvertes
à la piscine
Information complète à venir

Contacts et accès

Mairie de Murat
Place de l'Hôtel de Ville - 15300 MURAT

Tél.: 04.71.20.03.80
Fax: 04.71.20.20.63

   

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