Ruralitic : les TIC peuvent-ils bâtir un nouvel espace rural ?

3è édition, à Aurillac : élus et agents des zones rurales planchent sur les TIC. Les enjeux sont de taille.

Ruralitic
La France profonde ne baisse pas les bras. Le forum Ruralitic qui se tient, pour sa 3è édition à Aurillac, les 27 et 28 août compte bien traiter par le menu, l’ensemble des sujets liés au développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) en milieu rural.

Les organisateurs attendent 600 congressistes, dont des DGS, des DSI et des chargés de mission TIC pour échanger avec les 70 élus et experts des technologies de l’information annoncés. Ce sont principalement le Conseil Général du Cantal, le Conseil Régional d’Auvergne, l’AMRF (Association des maires ruraux de France) et la Communauté d’Agglomération du Bassin d’Aurillac qui portent la manifestation. L’an dernier, 415 visiteurs s’étaient déplacés, venus de 13 régions différentes.

Douze ateliers

Au programme, trois conférences plénières abordent la délicate question des échelons territoriaux dans les projets de développement numérique, le haut débit, et les TIC et le développement durable.
Parmi les intervenants, on note la présence de la DGME, (Direction Générale de la Modernisation de l’Etat), l’Arcep ( l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) et la Diact (Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires).

Par ailleurs, douze ateliers thématiques traitent des sujets d’ordre économique, social, culturel et organisationnel, avec des exemples de réalisations concrètes. Ils aborderont l’éducation, la mise en œuvre des relais de services publics, les pôles d’excellence rurale, la e-administration, les modalités de mise en œuvre de projets sur le numérique, ou encore l’information géographique et la e-démocratie ; sans oublier le télétravail, le e-tourisme, ainsi que la formation des agents dans les administrations territoriales.

Cette manifestation tombe à pic. En effet, d’après un rapport du Sénat portant sur « Le nouvel espace rural français » publié en juillet, notre pays est en profonde évolution. A l’exception de 5 départements - Haute Marne, Nièvre, Creuse, Ardennes et l’Allier - tous les départements français ont cessé de perdre leurs habitants. Explication : la migration des « néo-ruraux », dont 5% d’ "entrepreneurs ruraux" qui choisissent de relocaliser leur activité.

Dans ce contexte, « un socle de services publics de base est indispensable pour attirer puis maintenir une population sur un territoire » insistent les auteurs du rapport. Or, ces services sont inégalement accessibles.
Autre facteur de poids relevé par le rapport : l’importance des infrastructures, de la proximité des services médicaux et éducatifs. Autant d'enjeux essentiels pour lesquels les technologies de l’information peuvent jouer un rôle irremplaçable.
Plus d'infos sur le site www.ruralitic.com et 42 interventions vidéos sur RuraliTIC TiVi
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Mener de front désenclavement numérique et physique

Les troisièmes Universités d’été des technologies de l'information et de la communication pour les territoires ont mis en avant ces "Tic" comme un levier pour l’aménagement des zones rurales.

Mener de front désenclavement numérique et physiqueLa nouvelle est passée relativement inaperçue dans l’actualité départementale et nationale de la semaine. Pourtant l’information a été officialisée par Bruno Jamet - conseiller spécial du président de France Télécom chargé des relations avec les collectivités locales - lors de la troisième édition des Universités d’été des Tic (technologies de l’information et de la communication) pour les territoires qui se sont tenues à Aurillac : “La fracture numérique est derrière nous !”. Le responsable de l’opérateur historique national n’a d’ailleurs eu de cesse de vanter les performances de la France en la matière : “Depuis un an, la France est passée au premier rang mondial en matière de haut débit”. Et l'Hexagone est l’un des pays les plus compétitifs en matière de prix de l’Internet haut débit : 30 euros mensuels, contre 45 en moyenne dans l’Union européenne et 69 euros outre-Atlantique. La France n’aurait donc pas à rougir en matière de développement des nouvelles technologies, et l’Auvergne encore moins.

L’Auvergne, précurseur

Lors de la première séance plénière de ces universités mercredi, destinées en premier lieu aux élus et collaborateurs des collectivités, le président de la Région a ainsi dévoilé les clés du succès du modèle auvergnat. Engagé depuis 2005, le programme régional en faveur du numérique aura ainsi permis, en moins de quatre ans, de fournir à 99,6 % de ses habitants un accès Internet avec du haut débit. Et les 0,4 % restants bénéficieront des mêmes possibilités de connection grâce à une couverture satellite. Une prouesse que René Souchon explique par la mise en oeuvre d’un partenariat inédit et exemplaire “public-privé” (avec France Télécom) ainsi qu’avec les quatre conseils généraux. Volonté politique, mutualisation pilotée par un chef de file à une échelle pertinente et prise en compte des usages avant les considérations techniques, telles sont les composantes de la recette auvergnate, reproductible selon lui. Les Tic, perçues comme une nouvelle forme d’aménagement du territoire, ont également été promues comme un facteur essentiel au développement des territoires ruraux par les représentants du gouvernement et de la Commission européenne. Selon une publication de cette dernière, un quart de la croissance du PIB européen et 40 % des gains de productivité au sein de l’Union européenne sont à mettre à l’acquis de ces technologies. “Le déclin des zones rurales n’est pas une fatalité à condition de mettre en place une politique d’innovation volontariste. Les Tic permettent de délocaliser les entreprises en milieu rural via le télétravail, la télémédecine, la télébanque... offrant ainsi une nouvelle attractivité à ces territoires”, a affirmé Patrick Bailleux, de la Direction générale de la politique régionale à Bruxelles, tout en regrettant que les crédits du développement rural aient été “accaparés” en France par le secteur agricole aux détriments de l’innovation.

Ne pas perdre de vue les besoins matériels

Cette foi affichée dans le salut apporté aux territoires ruraux par le développement des Tic a cependant été nuancée. À commencer par Vanik Berberian, maire d’une commune de 342 habitants dans l’Indre et nouveau président de l’Association des maires ruraux de France. “Les maires ruraux sont conscients intuitivement qu’Internet, le haut débit comme la téléphonie mobile ou la TNT, sont une nécessité. Mais cela reste encore du domaine de l’abstrait pour nombre d’entre eux, a-t-il analysé. Ce qui importe c’est que les Tic soient développées au plus profond des territoires et pas seulement au bénéfice des premiers de la classe. Et peu importe la technologie mise en œuvre ». Car s’il s’est dit admiratif de l’exemple auvergnat, il n’a pas caché un certain décalage entre le langage utilisé par les experts durant ces deux journées (un lexique aurait d’ailleurs été apprécié...) et la préoccupation d’égale couverture sur tout le territoire national : “On attend de l’État un peu plus d’implication pour atténuez les disparités. Le rural ne peut pas éternellement regarder passer les trains”. Quant à savoir si les Tic peuvent à elles seules servir de politique d’aménagement du territoire, la réponse a été consensuelle. “Il ne faudrait effectivement pas, qu’en permettant l’accès aux services publics à distance, on anticipe leur disparition”, a mis en garde Vincent Descœur, président du Conseil général, co-organisateur des Universités. Et Jacques Mézard, président de la Caba, d’emboîter le pas en déplorant que ce qui est possible en matière de numérique ne le soit pas pour les voies de communication, physiques. Il serait dommage en effet de vendre virtuellement le Cantal partout dans le monde et de ne pouvoir y accéder en “chair et en os”.

Source : L'Union du Cantal - Septembre 2008
affiche trait de vie

Mardi 26 juin 2018
20h30 au cinéma
Ciné-rencontre "Trait de vie"

en présence de la ferme brasserie Ninbi

Contacts et accès

Mairie de Murat
Place de l'Hôtel de Ville - 15300 MURAT

Tél.: 04.71.20.03.80
Fax: 04.71.20.20.63

   

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