Critique de DVD

BRITANNIA HOSPITAL
et sa jaquette

La dame de la bibliothèque avait tenté une mise en garde polie:
"Personne ne l'a encore emprunté celui-là."

C'est vrai: la jaquette n'est pas très aguichante.
Sur fond de couleur Union Jack, un corps décapité agite un petit drapeau tout aussi Union Jack. Un truc English...
Le titre jaune pisseux s'affiche en grosses lettres à la verticale. Je penche la tête:
BRITANNIA HOSPITAL
Studio Canal annonce fièrement sa collection: "les films inclassables".
Je repose le dvd illico dans les étagères.
Je fais le tour de ce que n'est pas encore vu: Trotro, l'âne rigolo, Le Bal des Morts Vivants, l'Histoire de la Cinquième République...
Tout compte fait je reprends Britannia Hospital, sous l'oeil rigolard de Cécile (la dame de la bibliothèque) qui pense : "elle viendra pas dire que j'l'avais pas prévenue..."
Je relève le défi: " J'ai décidé de tout voir. Et j'ai décidé de me plus me laisser influencée par les affiches. Tu vois, par exemple, je voulais pas voir les Trois Brigands à cause de ça, et ben maintenant c'est un de mes dessins animés préférés". Après Totoro et Ponyo sur la Falaise, sans va sans dire.
Cécile, visiblement extatique à l'idée de ce nouveau concept "une affiche moche peut cacher un chef d'oeuvre", répond dans un enthousiasme délirant: "ha oui".
J'emporte finalement à la maison Britannia Hospital et Allemagne Année Zéro de Roberto Rossellini. Marco contemple mon butin cinématographique d'un air circonspect et me demande si j'ai pensé à acheter le pain. "Pourquoi, y'en n'a pu?"

ENFANTS COUCHES = SOIREE CINEE
C'est parti  pour l'hôpital britannique.
On comprends dès les premières images: ça va être un choc méga-kitch. Ca date quand-même de 1982. Je m'extrais d'un bond du canapé pour voir sur la fameuse jaquette combien dure la plaisanterie: "116 min". Comme je calcule comme un pied, je traduis à Marco 1h16... Il a l'air rassuré. En fait on est parti pour deux heures de navet intégral.
Comme je me sens responsable, je tente un ou deux gloussements, genre "on rigole, non?" mais mon chéri reste stoïque. Je reconnais un acteur: "hé, c'est le gars d'Orange Mécanique, non?"  "Si". Bon, on va même pas pouvoir se divertir un peu en faisant des commentaires intelligents.
Je suis tellement accablée, je n'ai même pas le courage d'aller me coucher. Et je ne peux quand-même pas demander à Marco de rester pour me raconter la fin... Soudain mon chéri, jusque-là impavide, rigole! Enfin presque, genre "ah-ah" plutôt que "ah-ah-ah". Je suis tirée de ma léthargie par ce presque four rire: "Hein? Quoi? C'est drôle? Où ça?". Merde, j'ai loupé le seul truc un peu marrant sur deux plombes de ce nanar sans fin. Je pense à Bernard Tapis, mais je me rends compte que cela n'a rien à voir.
Générique de fin. Je reste perplexe à l'idée qu'il a fallu tant de monde pour faire une bouse pareille. J'espère au moins qu'ils se sont poilés pendant le tournage.
On se traîne jusqu'au lit. Je suis sur le point d'exprimer ma contrition quand Marco me demande: "T'as fermé la porte?" J'ai l'impression d'entendre "T'as signé les papiers du divorce?".
Je m'endors à deux doigts du suicide à l'idée que le lendemain on va se fader "Allemagne Année Zéro". A ce tarif, il va obtenir la garde des enfants. Pourvu que l'ordi tombe en panne.
Le lendemain, je téléphone à la briseuse de couple de la bibliothèque, pour me plaindre. "T'as qu'à écrire une critique comme quoi c'est pas bien, on la mettra en ligne."
Ca c'est une idée. Je vais pourvoir écrire tout le mal que je pense de cette merde. Mais est-ce que j'aurai le droit d'écrire merde? Peut-être m-----? Il parait que Cécile est intraitable sur le niveau de langue.
Voyons... J'essaie d'imaginer la génèse du film...
Un réalisateur raté veut faire un dernier film avant de partir en vacances. Il va voir un producteur débile qui lui donne un max de blé pour réaliser la daube du siècle. On paie cher les acteurs pour qu'ils jouent mal, et ceux qui  sont vraiment consternants ont une prime de Noël. Le monteur bâcle le travail et on confie l'élaboration de l'affiche à un daltonien-névrotique-roi-du mauvais-goût.
Le tour est joué!
Finalement, quand j'y pense, il est trop fortiche ce réalisateur! Comment il s'appelle déjà? Crotte, le chien a bouffé la jaquette.

Britannia Hospital de Lindsay Anderson , Angleterre  1982
Lindsay Anderson est le réalisateur de If, Palme d'Or à Cannes en 1969
Mon Voisin Totorro de Hayao Miyazaki,  Japon 1988
Ponyo sur la Falaise Hayao Miyazaki, Japon 2008
Les Trois brigands de Hayo Freitag, Allemagne 2007
Orange Mécanique de Stanley Kubrick, Angleterre 1971
Allemagne Année Zéro, de Roberto Rossellini, Italie 1947

Sarah B.

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